Vent brûlant

Brest, 25 juin 2026. Il est 15 heures et le tonnerre gronde au loin. Depuis des heures déjà le ciel hésite : quelques gouttes tombent puis la pluie cesse. Le mercure fait mine de descendre mais reste aux alentours de 36-37 °C. Lassitude. Tout à l’heure, de grosses rafales de vent ont soufflé. Mais là non plus, de fraîcheur point. Alors j’ai pensé à ce poème que m’avait inspiré un cousin de ce vent. Il y a tout juste trois ans moins un mois. Moins un mois. A Lyon, pas à Brest. Le vent fou progresse. Le contiendrons-nous ?

C’est un vent chaud

C’est un vent fou

Un vent de démesure

Dans un monde en fracture

Un air malade

Irrespirable

Ce souffle dit

L’ignominie

Ce vent terrasse

Cet air accable

Ce souffle brûle

Il dit qu’on coule

Comme un présage

Comme une annonce

La parabole

D’une fin qui vient

Ce vent c’est nous

Les détraqués

Notre violence

Et nos errances

La terre crie

Les pauvres plient

Le monde s’écroule

Et l’argent roule

Le vent mauvais

Chasse la joie

Balaie la foi

Et on se noie

Où espérer

Où réparer

Qui appeler

Que retisser

Croire au vivant

Chanter encore

Défier la mort

Chasser le vent

Lyon le 23 juillet 2023

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